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…et John McTiernan m’a raconté une histoire sur le tournage de Predator

Hier, j’ai eu la possibilité de rencontrer le réalisateur américain John McTiernan. Vous savez, le mec qui a réalisé -parmi tant d’autres- Predator, Die Hard ou encore La Poursuite d’Octobre Rouge. Lui.

Au delà de le rencontrer, j’ai pu lui poser une question que j’ai toujours eu envie de lui poser, si un jour je le rencontrais. Si j’avais envie de faire la putaclic, j’aurai pu titrer mon article genre « J’ai posé une question à John McTiernan, sa réponse va vous étonner. » Mais je ne suis pas une putaclic, et je ne considère pas mon lectorat comme des débiles mentaux.

Avant de vous dire quelle était cette question, et surtout quelle fut sa réponse, il faut replacer tout ça dans son contexte. Déjà parce que ça fait un peu de suspens, et puis aussi parce que je fais un peu ce que je veux sur mon site.
Donc. Je ne l’ai pas croisé par hasard au Quick. Principalement parce que je ne vais pas au Quick, et que vu qu’ils n’y servent pas de vin, je pense qu’il n’y a jamais foutu les pieds non plus. Non, en fait, je l’ai rencontré à l’occasion de la diffusion d’une version remasterisée (le Blu-Ray, je pense) de Predator, au Katorza, un sympathique cinéma d’art et d’essais Nantais. Bien évidemment, je n’étais pas seul, la salle était pleine aux deux-tiers, mais j’ai un peu envie de dire que dans cette histoire, on s’en fout un peu des figurants.

Predator
Nul besoin de revenir sur Predator, ce bijou des années 80, ce film parfait qui cristallise tout ce que représente la période à laquelle il est sorti (1987). Un film qui suinte la testostérone, du premier au dernier plan ; une musique parfaite, des plans de caméra que l’on pourrait étudier en école de cinéma, des dialogues cultissimmes, et des acteurs complètement dans leurs personnages.

Cette scène à elle toute seule représente ce qu’est ce film. Du bonheur à l’état pur, une sorte de machisme homo-érotique propre aux années 80, qui fascine autant qu’il fait rire, et des héros avec des physiques tirés des Maîtres de l’Univers.

Mais assez parlé de Predator, dont je pourrais presque écrire un livre, tellement ce film inspire, possède de multiples degrés de lecture et est un parfait exemple de ce qui n’existe plus aujourd’hui dans le cinéma. Concentrons-nous sur ce qui est arrivé après, c’est à dire John McTiernan… et quelques degrés d’alcool (en lui, hein. Moi je bois pas).

mct

McTiernan arrive donc après le générique de fin, accompagné d’un traducteur qui semblait visiblement plus intéressé par les résultats du match de foot qui se jouait au même moment que par les questions que pouvaient poser les gens présents. Sentant le truc à mille lieux, j’ai fait en sorte de poser ma question en premier, et -bien entendu- directement en anglais. Question que je partage avec vous aujourd’hui :

Feel : Bonsoir, Mr McTiernan.
Il y aune rumeur autour du fait que l’acteur Sonny Landham (qui joue Billy, dans le film) avait un garde du corps durant le tournage, non pas pour le protéger lui, mais pour protéger le reste de l’équipe de tournage de lui, parce qu’apparemment, il était fou.

John McTiernan : Oui. Ce n’est pas une rumeur, c’est la vérité. C’était pour protéger la ville où nous tournions, de lui. (rires dans la salle)

Feel : Vous pouvez nous en dire plus ?

John McTiernan : C’est vrai, nous avions ce colosse mexicain de deux mètres, qui l’accompagnait partout. Et au final, ce qui s’est passé c’est que… un soir, il est sorti de sa chambre d’hôtel… par la fenêtre à l’aide d’une corde. Alors que sa chambre était au huitième étage, il est sorti par la fenêtre à l’aide d’une corde… Avec son slip sur la tête… je ne sais pas pourquoi… et ne portant rien de plus que ça. Et il s’est retrouvé à traverser la fenêtre d’une chambre habitée par un gentil couple de retraîtés allemands, vers quatre heures du matin.
Du coup nous avons du nous précipiter à l’aéroport et le mettre dans un jet privé pour le renvoyer aux États-Unis, avant que la police ne puisse l’arrêter.

sonny

Les gens qui me connaissent, savent que je raffole des petites anecdotes de tournage autour des films que j’aime. Et cette histoire de garde du corps pour Sonny Landham, parce que tous les acteurs (y compris Jesse Ventura, Carl « le plus bel homme du monde » Weathers et Arnie lui-même, étaient terrifiés par ce mec, m’a toujours fait kiffer et j’ai toujours rêvé d’en savoir plus. Aujourd’hui, c’est le cas et pour un cinéphile comme moi, j’avoue que c’est un moment mémorable. Sonny Langham a toujours été un personnage fascinant. Acteur de X dans les années 70, le mec a fait de la prison pour des trucs pas très rigolos et avait la réputation d’être aussi instable qu’un jerrycan de nitroglycérine.

Je passerai sur les autres questions posées, soit parce que leur intérêt était malheureusement très limité, soit parce que le traducteur a complètement foiré sa traduction, ce qui a donné des réponses totalement hors sujet, soit parce que McTiernan a passé dix minutes sur les vingt du Q&A à nous faire un cours de SVT sur les biches. L’alcool c’est mal, les enfants.

Il y a toutefois une question, particulièrement naze, sur laquelle j’ai envie de revenir. Un mec prend le micro, et donc la place d’une question potentiellement intéressante, pour demander :

« Mais si ils savent que le Predator il tue pas les gens non armés, pourquoi que les gars ils ont pas jeté leurs armes avant de partir en courant ? hein ?« 

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Prendre la parole pour poser ce genre de question… sérieux. Le syndrôme Facebook a donc débordé sur le monde réel. Le fameux « J’ai rien à dire, je comprends rien au sujet, mais je vais intervenir quand même, parce que j’ai le droit.« 

Alors que McTiernan semble dubitatif devant l’absurdité d’une telle question, je ne peux m’empêcher de hurler dans la salle « MAIS PARCE QUE CE SONT DES MERCENAIRES, PAS DES FIOTTES !« , ce qui m’a valu quelques rires et quelques applaudissements, de la part des trois quatre personnes éveillées derrière nous (et avec qui on a tapé ensuite un brin de discut’ en sortant de la salle). McTiernan se contentera d’un simple « Parce que sinon ça aurait fait un film de 5 minutes.« 

Entendez-moi bien. Qu’on n’ait pas grandi dans les années 80, je le comprends tout à fait. Qu’on ne comprenne rien à cette culture particulière et si différente du monde d’aujourd’hui, je peux tout à fait le comprendre aussi. Qu’on ait été éduqué dans la lâcheté et la médiocrité, je trouve ça très triste, mais là encore, j’arrive à le comprendre, à défaut de partager cette façon de faire. Mais qu’on fasse la démarche d’aller voir PREDA-FUCKING-TOR au cinéma, avec une rencontre avec son réal, pour poser une telle question, ça je peux pas comprendre. Faut être soit complètement con, soit rêver de troller les gens dans la vraie vie, ce qui est encore pire.

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Predator, c’est  un film qui, comme je l’ai dit plus tôt, suinte la testostérone. C’est sans doute LE film des années 80 qui transpire le plus cette ambiance irréelle et over the top des actionneers des années 80. C’est un film dans lequel un gars se fait amputer d’un bras mais continue de vider son chargeur avec le bras qui lui reste, où un mec se fait percuter par un tronc d’arbre full force en pleine cage thoracique, a probablement de multiples fractures du thorax, mais dit « non, ça va aller« , ou encore dans lequel un mercenaire se fait tirer dessus au fusil d’assaut, et réagit comme ça :

…et un être humain, en capacité de se reproduire et avec le droit de vote, va demander, très sincèrement, pourquoi les mecs ont pas jeté leurs armes et fui comme des merdes ?
Dès fois je me dis qu’on a le gouvernement qu’on mérite.

Putain. Heureusement que je suis pas un mec violent.

Et pour finir sur une note de bonne humeur, je vous propose le making-of de Predator, parce que je suis un mec sympa :

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